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 Le cauchemar des études STM 73

Les études sont parfois un véritable cauchemar pour un élève un peu timide, comme le fut Dave Small. Le programme scolaire devient plus souple après le bac, car on peut choisir sa filière. Mais au lycée, en France comme aux USA, règnent des programmes scolaires très rigides et très lourds. Tous n'engendrent pas le même intérêt chez les élèves. Que faire pour survivre en dépit des professeurs, du matériel indigent et du stress? Dave nous présente ses règles de survie. Il les a appliquées alors qu'il avait entre 14 et 17 ans, car le système scolaire américain propose des études par modules "à la carte" similaire à nos unités de valeurs universitaires dés le lycée. Dave avait choisi de passer un bac scientifique avec l'informatique comme matière principale. L'étudiant français peut aisément mettre en pratique ces conseils dés qu'il aborde les études après son baccalauréat.

Le survivant

   J'ai survécu au lycée. Plus précisément, j'ai survécu à des études qui m'ont gratifié d'un diplôme de bachelier en science informatique. Ce fut dur. J'ai émergé de ce champ de ruines qu'est le système éducatif supérieur, escaladant des débris fumants, contournant des cratères, évoluant dans un paysage calciné à l'irakienne, tel un Mad Max s'échappant d'un camp de prisonniers. Douze années me séparent à présent de ce douloureux internement, et il est de mon devoir de transmettre quelques mots d'avertissement aux jeunes gens qui vont se risquer, peut-être pour la première fois, dans cet enfer. Ainsi mon expérience ne sera-t-elle pas perdue.

   A quoi servent les études? De mon point de vue, il y a deux approches possibles. Première approche, vous pouvez sortir de vos études sans diplôme. [NdT en France, où la condition suffisante à l'obtention du bac est d'être en vie, "diplôme" signifie "post-baccalaréat". Le bac n'est plus rien en soi.] Impossible alors d'obtenir un travail bien payé, voir un travail tout court. Dans le meilleurs des cas, vous échouez dans des boulots qui ne sollicitent guère votre créativité, comme tondre des pelouses, cuire des hamburgers, ou tenir le guichet d'une station service. (J'allais dire "faire les pleins", ce que je suis assez vieux pour avoir fait. Mais il y a belle lurette que personne ne vous sert plus dans les stations.) Et encore devez-vous vous estimer heureux.

   On peut faire mieux. C'est la seconde approche. Il s'agit de décrocher un diplôme. Hélas, personne ne vous explique jamais les détails importants de la vie estudiantine qui permettent d'y parvenir! C'est pourquoi je me dois de combler cette lacune. Oh, vous entendez bien parler de soirées mémorables où la bière coule à flots, de filles aguichantes, et de bals de fin d'année. Mais pas de la façon d'obtenir ce précieux bout de papier, grâce auquel des centaines de firmes vont rivaliser pour vous embaucher, et vont aller jusqu'à envoyer des représentants dans votre établissement pour discuter avec vous et vous prier de venir programmer chez elles, moyennant un gros salaire! [NdT c'était le cas en France jusqu'à il y a quelques années, mais depuis, la chasse aux jeunes recrues a quasiment disparu, hélas.]

   Cela me semblait la voie royale. C'est celle que j'ai adoptée. Mais...

   Règle 1 : Il y a des façons d'échapper au système.

Les autres voies

   Personne ne m'avait dit qu'il y avait d'autres options. Il y a des gens pour qui les études sont une catastrophe. Certaines personnes, parmi les plus heureuses que je connaisse, ont pris une ou deux années après le lycée pour travailler, voyager, ou voir à quoi ressemblait le monde (le vrai, pas l'univers clos de l'éducation), avant de commencer leur troisième cycle. [NdT : renseignez-vous soigneusement avant de tenter cela en France, tous les établissement n'acceptent pas cette "fantaisie".]

   Certains des meilleurs bidouilleurs que je connaisse considéraient les études comme une perte de temps. Ils étaient déjà en train de concevoir des synthétiseurs sonores pour Apple II ou des duplicateurs de disquette, et leurs préoccupations étaient de mesurer précisément les variations de flux magnétique sous une tête de lecteur de disquette toutes les 62,5 nanosecondes. Le meilleur bidouilleur, en matériel comme en logiciel, que j'aie jamais rencontré n'a pas été au-delà du lycée. J'ai eu la chance de l'avoir comme opérateur système sur l'ordinateur de notre lycée, et il m'a permis de découvrir que je pouvais faire quelque chose de créatif tout seul : programmer sur un Hewlett-Packard 2000C en temps partagé. Mais attention, ces gens ont pu se le permettre parce qu'ils étaient géniaux. A l'inverse, le fait de ne pas dépasser le bac ne vous rend pas nécessairement aussi doué.

   Il vous faut savoir que la moyenne d'âge de la population ne cesse de s'élever (elle dépasse 33 ans aux USA), et que les employeurs [NdT ceux qui embauchent encore...] cherchent désespérément à recruter des gens jeunes et qualifiés pour apporter un sang neuf à leur entreprise. Ces jeunes recrues sont dures à trouver, et encore faut-il qu'elles soient utilisables directement. C'est pourquoi il n'est sans doute pas inutile de consacrer un ou deux ans à obtenir un diplôme supplémentaire très terre-à-terre, complété par un stage en entreprise, afin d'acquérir une expérience informatique dans le monde réel. Un employeur appréciera qu'un candidat ait une certaine expérience des langages de programmation ainsi que des grands classiques parmi les logiciels (Lotus 1-2-3, Word Perfect, dBase...), voire qu'il sache se dépatouiller avec un logiciel de PAO et un Mac.

   Votre expérience de l'univers Atari ne constitue aucunement un handicap, au contraire. Vous serez passablement ennuyé par les autres ordinateurs et leur stupide façon d'opérer, comparé au confort de votre ST, et votre Atari servira souvent de modèle pédagogique. Voir des dossiers dans une fenêtre au lieu d'une liste de sous-répertoire, par exemple, a instantanément clarifié la notion de répertoires contenant des fichiers pour un de mes amis.

La cruelle verite

   Durant votre première année de lycée, vous allez découvrir un nouvel univers où se passent des choses étranges. La première avec laquelle vous allez devoir vous familiariser est ce que l'on appelle les notes. Je vais vous expliquer en détail cette institution ubuesque. Vous vous voyez attribuer une note pour votre travail, pour vos tests, vos devoirs, selon le nombre de fois où le professeur vous voit demander son aide, selon que vous étiez assis ou non au premier rang de façon à ce qu'il se rappelle votre faciès, etc. Il vous faut savoir qu'une note de 10/20 est considérée comme moyenne, et donc, en théorie, vous place au milieu du troupeau : la moitié des gens sont devant vous, la moitié derrière.

   Et pourtant, 10/20 est la barre limite endeçà de laquelle on vous éjecte de l'école. Je ne le sais que trop bien, puisque mon premier semestre se solda par un 9/20 je plaide le choc culturel). Je fus mis à l'épreuve durant le second semestre, et parvins à hisser ma moyenne générale bien au-delà des 10/20 fatidiques [NdT : le cycle scolaire américain est divisé en semestres]. Alors, cherchez l'erreur : Si vous êtes "moyen", vous êtes 50ème sur 100, et il y a 50 personnes derrière vous qui sont censées être chassés de l'école, chaque semestre!

   Cela signifie que chaque semestre, la population scolaire devrait décliner de moitié. Ou encore, que sur 100 personnes, il en reste 0,39 (quatre dixièmes d'un étudiant?) au bout de quatre ans, ce qui est tout de même exagéré. [NdT : le lycée américain comporte quatre années avant l'équivalent du bac, qu'on obtient en général à 17 ans.]

   Règle 2 : Les notes, comme la physique quantique, procèdent d'une autre réalité.

   Et pourtant, les universités regorgent de bacheliers, ce qui prouve que la sélection n'est pas aussi sévère. Il y a donc un fossé ahurissant entre les notes et la réalité, et vous devez retenir que les notes n'ont aucune signification dans le monde réel. C'est une notion que vous pouvez utiliser à votre profit. Ou qui peut se retourner en votre défaveur.

   Règle 3 : Les notes de lycée doivent être considérées comme une série de chiffres plus ou moins aléatoires, et ne sont pas représentatives de votre intelligence, de vos capacités ou de votre ardeur au travail.

   Exemples, dans les deux sens. Dans un cours d'informatique particulièrement nul, le professeur nous infligea un test d'une heure, où il s'agissait d'écrire sur papier un programme. J'écrivis le mien et le vérifiai du mieux que je pus. Durant la correction, le prof marqua "faux" un sous-programme parfaitement correct. J'allai le voir, et ligne par ligne, nous exécutâmes manuellement le programme entier. Naturellement, mon sous-programme était bon. Mais plus loin, vers la fin de mon code, j'avais fait une erreur banale, Si bien que le prof me déclara "Je savais bien qu'il y avait une erreur quelque part."

   Règle 4 : Les professeurs sont prêts à toutes les bassesses pour se débarrasser de la corvée de la notation le plus vite possible.

   Soyons sérieux. Combien de programmes tournent-ils parfaitement lors du premier essai? Moi, cela ne m'est arrivé qu'une fois. Peut-on attribuer une note sur un tel coup de chance?

   C'est pourquoi j'eus une mauvaise moyenne à ce cours, en raison d'une attitude sceptique et irrespectueuse.

   J'assistais aussi à un cours d'électronique, où le budget limité de l'école nous contraignait à n'utiliser que des portes NAND - des circuits intégrés logiques implémentant la fonction booléenne Non-Et, dont la sortie valait O si et seulement si les deux entrées valaient 1. Il nous fallait donc reconstituer tous les autres types de portes uniquement à partir de circuits NAND afin de faire des montages. Rien d'infaisable, notez bien : Seymour Cray a construit toute la logique du Cray 1 uniquement à partir de porte NAND en technologie ECL (circuits bipolaires, extrêmement rapides mais à forte consommation et difficiles à miniaturiser.) Bien sûr, nous passions 90% de notre temps à câbler et décâbler des portes logiques. Au moins, ça nous occupait, à défaut de nous plaire...

   Dans un autre cours, le manuel utilisé était celui écrit par le professeur. Et il n'était pas terminé. Nous ne disposions que de photocopies du manuscrit, avec de petits croquis dessinés à la main. Nous devions trouver tous les "bogues" et les fautes du manuel (il y en avait des tonnes!), et gratuitement, bien sûr. Le manuel, lorsqu'il sortit, ne coûtait pourtant pas moins cher.

   Règle 5 : Souvenez-vous que vous payez tout ça.

   Vous le payez directement ou avec vos impôts. Alors autant vous débrouiller pour faire fonctionner ce système stupide à votre profit, grâce à une astuce, les "travaux pratiques libres". Les TP libres, cela consiste à avoir des rapports amicaux avec un prof et concocter avec lui un TP que vous ferez seul, à la place d'un cours ou d'un TP classique, et dans lequel vous excellerez, parce que vous serez vraiment motivé.

Les tp libres

   J'avais ainsi fait un TP libre sur un synthétiseur sonore ARP-2600 (oui, je sais, ça date...), et mon "compte-rendu" consistait en une bande de démonstration de deux minutes. Dans cette bande, je mis toute les technologies sonores possibles. Des simples, comme un sustain de guitare commandé par feedback. Et des moins simples, comme une pédale wah-wah commandée par une photorésistance placée devant une lampe mise à la sortie d'un ampli Sherwood j'envoyais au Sherwood un signal sinusoïdal, augmentais sa fréquence, et cela produisait un son que j'adorais (je l'ai même mis dans la page cachée de mon émulateur Mac). Je me suis régalé. Cela m'a permis d'étendre mes connaissances, et de pousser à leurs limites mes capacités (et celles des transistors de l'ARP!). J'ai obtenu un 20/20. Les très bonnes notes ont le même effet que les potions de soins d'un jeu de rôle, elles annulent les 5/20 récoltés dans des classes enseignées par des rigolos.

   C'est là le plus important conseil que je puisse donner pour sortir à peu près intact de vos études: les TP libres.

   Règle 6 : Si les cours sont médiocres, faites-vous vos propres TP. Au moins, vous apprendrez quelque chose!

   C'est ce qui m'a permis d'obtenir mon diplôme en dépit de l'une des plus basses moyennes générales qu'on ait jamais couronnée d'un diplôme à cet établissement. De plus, j'ai appris beaucoup de choses qui me furent plus tard utiles pour ma vie active, beaucoup plus que si je m'en étais tenu au cursus classique.

   Apprenez à connaître vos professeurs. Ce sont des êtres humains, même s'ils sont un peu bizarres. Ne faites rien pour énerver les cinglés, mais sachez plaire à ceux qui sont vraiment sympas. Ils y en a toujours quelques-uns qui acceptent volontiers d'aider un élève à sortir des sentiers battus. Beaucoup de profs font de la politique ou s'écoutent parler, mais certains essaient sincèrement d'étendre le champ des connaissances de leurs élèves, et les poussent à étudier par eux-mêmes.

   C'est ce que j'ai fait j'ai étudié par moi-même le langage assembleur sur l'ordinateur central de l'école. J'ai beaucoup appris. Oui, et cela m'a bien servi! J'ai découvert des choses étonnantes au sujet des partitions mémoires, par exemple, ou sur le superviseur de travaux. J'ai aussi découvert ce à quoi les constructeurs informatiques devraient penser avant d'autoriser des travaux interactifs en temps partagé sur un système initialement conçu pour le traitement par lots, et les faiblesses qui en découlent.

   Règle 7 : Parfois, vous pouvez apprendre quelque chose d'important.

   En temps partagé, chaque terminal d'un gros système dispose d'une fraction du temps de calcul de la machine. Chaque programme est traité tour à tour. Alors qu'en traitement par lot, les programmes sont traités individuellement, un par un, comme un ordinateur monotâche.

   Eh bien, à ma grande surprise, je découvris que sur notre machine, lorsqu'on interrompt une compilation FORTRAN depuis un terminal en temps partagé, l'image mémoire de tout le système d'exploitation de l'ordinateur est copiée sous forme d'un fichier local. En traitement par lots, une telle interruption est impossible, c'est pourquoi le constructeur n'avait pas couvert cette éventualité. Tout étudiant pouvait donc désassembler ce programme superviseur et l'étudier, nuit après nuit, dans le relatif confort de sa chambre.

   Voyez-vous, c'est triste à dire, mais le système des notes implique que vous êtes en compétition avec vos camarades de classe. C'est bien dommage, mais le professeur doit attribuer des notes, des bonnes comme des mauvaises. Si besoin est, il inventera un moyen de distribuer ces notes (comme faire écrire un programme en classe).

   Règle 8 : Les notes sont nécessaires, et même si tout le monde est excellent, il faut en trouver qui récolteront les mauvaises notes, et d'autres les bonnes.

   J'ai subi cette compétition d'une manière très visible, en essayant de trouver assez de temps de calcul pour déboguer mon programme, en compétition avec ma classe. Quand les quelque 50 étudiants de ma classe s'abattaient sur le centre de calcul, chaque programme pouvait avoir à passer des heures dans la file d'attente avant d'avoir son tour et d'être exécuté une seule fois! Cela rendait le débogage impossible : nous écrivions des programmes complexes, comme des assembleurs et des compilateurs. Beaucoup de gens excellents se sont épuisés à passer des nuits blanches complètes devant leur terminal.

   Règle 9 : Concernant la compétition, au moins, le lycée peut former pour affronter le monde réel.

   Et tout le monde était logé à la même enseigne, gaspillant son temps à attendre une énième recompilation. A moins, bien sûr, d'avoir étudié le code assembleur du répartiteur de tâches de la machine, et d'avoir spécifié une très petite partition mémoire pour votre programme, au lieu de la taille par défaut, bien trop grande. Le répartiteur de tâche était conçu pour "remplir les trous" dans la mémoire de l'ordinateur, et pouvait y caser mes petites partitions, alors que les énormes programmes Pascal (55 Ko) de mes camarades n'y rentraient pas. Ce qui me permettait d'avoir autant de recompilations et d'exécutions que je pouvait en dèboguer, là où les autres en avaient une par heure et peinaient pour trouver leurs bogues en déployant des trésors d'ingéniosité.

   Le répartiteur de tâches avait également une autre "caractéristique". Tel qu'il était écrit, il gardait les travaux de N utilisateurs en mémoire, tout en les exécutant. Quand votre programme avait passé 10 secondes en mémoire et obtenu un peu de temps de calcul, il était "paginé" sur disque et laissé là à moisir un bon moment, se retrouvant en fait derrière tous les autres dans la file d'attente. Bon, maintenant, appuyez sur la touche Break de votre terminal. La machine doit obligatoirement traiter votre interruption. Elle vous demande alors si vous voulez continuer. Répondez O (oui). Du coup, puisque le systéme a dû traiter votre interruption, il a remis votre programme en mémoire, et vous voilà reparti pour 10 nouvelles secondes!

   Et devinez ce que vous faites 10 secondes après? Et ainsi de suite jusqu'à ce que votre programme soit entièrement exécuté.

   Grâce au ciel, les autres ne découvrirent pas le truc jusqu'à l'examen final. Il m'aurait été impossible de terminer mes programmes sans cette astuce j'étais à court de temps, j'assistais à beaucoup de cours, essayant de ramasser assez d'unités de valeurs pour m'échapper de cette prison.

Le stress

   L'absurdité de ces notations engendra un stress très éprouvant pour nombre de mes camarades. Toute leur vie, on leur avait répété que les notes étaient significatives et qu'une bonne note était importante. Ils se retrouvaient dans une situation où obtenir une bonne note devenait impossible, parce qu'un programme ne peut pas marcher correctement sans de nombreux essais et sans suffisamment de temps de calcul pour dèboguer à fond les algorithmes de base, comme nos tables de hachage. Il y a certes d'autres facteurs, mais en définitive, c'est le stress qui épuise les gens durant leurs études. (Certes, c'est une bonne préparation à la vie, où l'on doit subir un patron, des impôts et autres nuisances, mais je pense que c'est à éviter.) Vous devez absolument trouver un moyen de vous détacher, de ne pas être obsédé par les notes.

   Règle 10 : Eviter le stress est sans doute la chose la plus importante que vous devez apprendre durant vos études.

   Une fille que je connaissais a fait une surdose accidentelle. Elle travaillait trop dur, et elle avait commencé à se droguer pour essayer de se détendre et d'échapper au stress. (Elle s'en est finalement sortie mais sa vie en a été gâchée, et elle cela lui a coûté ses études.) Il est difficile pour moi de porter un jugement sur elle, vu que j'ai constaté que le stress vous détruit encore plus rapidement, et vous fait mourir encore plus jeune, que la drogue. J'ai vu beaucoup plus de gens se droguer dans l'industrie informatique que je n'en ai vu au lycée ou à l'université. Si, au lieu de prendre des calmants licites, quelqu'un choisit une... hem... façon différente de traiter les problèmes que lui donne son travail chez une firme informatique renommée, je ne vais pas lui faire la morale. Le stress tue.

   Maintenant que je vous ai déprimé en vous montrant la futilité des études, laissez-moi vous parler de leur utilité réelle.

   Les études vous placent dans des conditions qui se rapprochent du combat de la vie réelle. Elles exigent de la discipline pour en réchapper et vous préparent à ce que vous trouverez quand vous aurez votre diplôme. Et que signifie réellement un diplôme? Seulement qu'une firme peut vous embaucher en sachant qu'en plus de quelques connaissances de base, vous avez acquis une aptitude à vous accrocher, à vous battre, à survivre malgré la tambouille des restos universitaires et les conditions de travail inconfortables. Ainsi avez-vous une chance de survie dans cette firme durant les deux premières années où vous allez lui coûter cher, le temps que vous appreniez votre métier. Le diplôme signifie que vous êtes un investissement qui en vaut probablement la chandelle. Rien de plus, mais rien de moins.

   Règle 11: Les meilleurs, les plus brillants, ne s'embarrassent pas de perdre 4 ans à subir un test d'endurance au stress, et ne vont jamais au lycée. Wozniak est allé au lycée après avoir fait d'Apple le succès que l'on sait.

Les bons aspects

   Les études ont de bons aspects, et Si vous savez en profiter, elles en deviennent presque supportables. Un défouloir est indispensable, ce qui explique le succès des équipes universitaires de rugby.

   Mais les études fournissent aussi l'occasion de rencontrer de belles jeunes filles dont l'oeil pétille de ce regard si particulier (je parle évidemment de mon point de vue), qui fréquentent de nombreuses soirées et sortent beaucoup. Je me souviens d'une charmante Mindy à mon école. Curieusement, au bout de deux ou trois ans, elles arborent une bague de fiançailles, puis quittent l'école et se marient. C'était si répandu que nous avions donné un nom poétique à cette activité, "préparer un diplôme de recherche de bon parti". Etant passé dans le collimateur, je sais à présent ce que ressent un cerf le jour de l'ouverture de la chasse.

   Règle 12 : Il y a des choses qui peuvent coûter trop cher.

   Règle 13 : Tout le monde regrette de n'être pas davantage sorti au lycée.

   Règle 14 : Tout le monde oublie combien il peut être terrifiant de demander ou d'accepter de sortir avec quelqu'un.

   Durant vos études, vous pouvez découvrir pour la première fois de votre vie qu'il y a beaucoup de gens avec qui vous vous entendez, surtout si vous avez une personnalité de type solitaire (NF ou NT) [NdT : voir la chronique de Dave Small dans ST-Mag n° 64]. Les second et troisième cycles concentrent tout particulièrement les NT dans les sciences, l'informatique, l'architecture. Bidouilleurs solitaires, prenez-en bonne note! Avec un peu de chance, vous vous rappellerez comme vous vous entendiez bien avec ces autres NT, comme leur compagnie rendait tolérables les longues nuits de travail. Et vous chercherez à travailler dans un endroit où ils se regroupent.

   (Et quant à ceux qui sont dans des coins isolés, les réseaux télématiques sont ce qu'il y a de mieux pour communiquer avec des gens qui vous comprennent.)

Ma façon de faire

   Bon, et que m'est-il finalement arrivé? Eh bien, j'ai passé les deux premières années de lycée en tâtonnements maladroits, jusqu'à ce que je me fixe un objectif: TP libres et la note minimale requise pour les cours obligatoires, que je considérais comme inutiles de toute façon (ce qui s'est avéré vrai : la théorie des gros systèmes centraux est plutôt désuète de nos jours).

   J'ai vécu en chambre de cité universitaire pendant un an, me suis vite lassé de la nourriture, et ai atterri dans un appartement occupé par deux filles. N'allez pas vous figurer des choses, elles cherchaient un troisième co-turne pour partager le loyer. Partager l'unique salle de bain fut une épreuve redoutable, mais elles réussirent plus ou moins à m'apprendre la propreté ("Si, on doit nettoyer la crasse dans la baignoire après son bain".) Chose rare, nous sommes toujours amis : l'une est programmeuse, l'autre est en Angleterre avec son officier de l'Air Force de mari.

   Ceci dit, j'ai appris à apprécier la popote du réfectoire. Elle est fade, mais elle est abondante [NdT : il faudra parler à Dave des restos U français où elle est fade et chichement servie]. Une boîte de haricots en guise de dîner, ce n'est pas la joie.

   En outre, grâce à un ami, j'ai rencontré dans mon dortoir une fascinante jeune femme nommée Sandy Heidlebaught, qui avait lu les mêmes livres que moi, dont les rêves n'avaient pas de limites, qui savait où se situait Mordor, et connaissait son nom en elfique. Celui-ci est d'ailleurs toujours gravé dans les rochers qui surplombent le barrage dans la montagne.

   Ma seconde année de lycée gravita autour de Sandy. Rien n'était plus important. L'informatique? Soyons sérieux. J'ai beaucoup appris à son contact, traversant orages et disputes, et nous nous sommes mutuellement civilisés, abandonnant des particularités irritantes l'un au contact de l'autre. Ce fut, et de loin, la chose la plus importante que je fis au lycée.

   Règle 15 : Le lycée est l'endroit rêvé pour rencontrer quelqu'un d'intéressant, car c'est là que se concentrent les gens que vous cherchez à rencontrer. Ça vous économise bien des sorties inutiles.

   Finalement, nous avons passé notre bac, et j'ai tant pourchassé Sandy qu'elle a fini par m'attraper. C'est une façon de faire. Il y en a d'autres. Tâchez d'en trouver une qui vous convienne et de réussir.

Titre original : Goin' to School
Traduction et adaptation: Password 90
[qui a réussi ses études grâce aux TP libres!]


Date de création : 16/02/2015 : 09:10
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