Mes calendriers

Mes calendriers sous divers formats

Ma collection

Toute ma collection de calculatrices, calculatrices programmable, ordinateur de poche.

Ma bibliothèque

Tous les scans de ma bibliothèque

Ancienne Collection

Machines dont le me suis séparé, et qui ne font plus partie de ma collection.

 ↑  
Me contacter

pour me contacter, remplissez le formulaire en cliquant ici open_envolope.jpg

si le formulaire ne fonctionne pas, envoyez-moi un mail à

collection point sasfepu chez free point fr

Offrez moi un café

Si mes calendriers, mes scans ou mon site vous ont intéressés, offrez moi un café en cliquant sur la tasse.

tasse_cafe.png

Visites

 128791 visiteurs

 8 visiteurs en ligne

Rationnalisme (deuxieme partie) STM 68

 La Saga continue avec ce mois-ci la seconde partie d'une passionnante pluie de considération sur le rationalisme sous toutes ses formes...

Dave poursuit son exploration du monde des PC et des Mac, machines dont il possède, entendons-nous bien, plusieurs exemplaires. Mais si ces machines ont certes des qualités par rapport au ST, Dave affirme que les défauts l'emportent, du moins pour le bidouilleur qu'il est. Dave a travaillé sur de gros systèmes, comme sur toutes sortes de micro-ordinateurs, et en a dépiauté suffisamment pour connaître les entrailles de la plupart d'entre eux. Et de ce point de vue, le Mac et le PC ne le satisfont pas. Le mois dernier, Dave nous a confié pourquoi il avait peu d'affection pour le matériel des PC, notamment leurs disques durs. ll y a d'autres raisons, logicielles quant à elles...

GRAND ECRIVAIN

Supposons que vous ayez un PC et que vous vouliez y connecter un moniteur à grand écran. Parfait, vous en achetez un. ll vous faut à présent une carte vidéo qui puisse piloter ce moniteur. Mais voilà, les fréquences de balayages, les bandes passantes, les résolutions, c'est toute une science qui remplit des manuels entiers! Votre moniteur peut-il avaler ce qu'envoie la carte sans faire appel au mode entrelacé, dont le scintillement vous conduirait à la cècité? D'ordinaire, les vendeurs ont une liste des cartes qui fonctionnent avec un moniteur donné, écrite avec un vocabulaire réduit à l'intention des néophytes.

Eh bien, si votre carte n'est pas sur la liste, extorquez au vendeur une garantie écrite selon laquelle vous pouvez la lui rendre et vous faire rembourser, je vous en conjure!

Très bien. Maintenant, essayez de trouver pour votre application favorite un programme pilote qui vous permettra d'utiliser la carte! Quoi, dites-vous, les applications ne savent pas l'utiliser spontanément? Ouarf ouarf. Je ris. Le plus souvent, les fabricants de cartes vidéo écrivent des pilotes pour quelques applications répandues, comme Lotus et AutoCAD, et c'est tout. Point final. Pourquoi? Parce que les autres n'ont pas besoin de grand moniteur, répondent-ils. Le traitement de texte qu'il m'arrive d'utiliser sur PC n'était pas sur la liste des pilotes pour les cartes vidéo que j'ai vues, si bien que j'ai laissé tomber le PC. Voyez-vous, un ordinateur personnel est censé s'adapter à vous, et non l'inverse.

Quand j'ai expliqué mes besoins aux vendeurs de la boutique de PC où j'étais entré, j'ai l'impression qu'on m'a pris de haut et éconduit. C'est typique : les spécialistes des PC savent ce que je veux mieux que moi (mais mon argent est resté dans ma poche). Je vois le genre : "Eh, Willie, ce comique avec le jean et le T-Shirt voulait un traitement de texte sur grand moniteur!... Ha ha ha!... Allons boire une bière et reluquer les serveuses du bar en sortant du boulot!... Avec un peu de chance, il y aura une bagarre!... Passe-moi une clope, veux-tu?"

Sur le ST (ou le Mac), les programmes bien écrits marchent sans problème sur grand écran, ou sont le plus souvent mis à jour dans le cas contraire. Car sur les ST, la capacité à utiliser un grand moniteur est incluse dans les ROM, dans le GEM (les puristes me permettront cet amalgame entre le GEM et le VDl). Toute application peut donc y faire appel, si le programmeur n'est pas trop flemmard. Sur les PC, il n'y a presque rien dans les ROM, et chacun développe dans son coin, sans standard.

Je vous défie de trouver une imprimante pour PC qui fasse ce que vous voulez, particulièrement une laser. Quand vous voulez acheter une application, il vous faut vérifier au dos de la boîte qu'elle supporte votre marque d'imprimante, et spécifiquement votre type, votre modèle et votre numéro de version de ROM. Sans quoi, préparez-vous à une hilarante partie de "jeu de l'imprimante", un sujet auquel chaque magazine pour PC consacre une rubrique tous les mois. D'ailleurs, des applications utilisant cette imprimante, vous en trouverez péniblement une, certainement pas deux.

Imaginez-vous des êtres velus, vêtus de peaux de bêtes, serrés dans l'entrée d' une caverne près d'un feu, autour du standard pour imprimantes Epson, rognant de la viande crue sur des os, en marmonnant "Gah ounk, MX-80". On en est resté là! Perdu dans une multitudes de standards d'imprimantes, les concepteurs d' applications se raccrochent à l'antique jeu de commandes Epson et vous forcent à utiliser des imprimantes ultramodernes dans ce mode s'ils n'ont pas explicitement prévu son support. Tenez, rien ne peut me terroriser davantage que la pensée d'utiliser une application engendrant du PostScript sur un clone PC avec une imprimante contenant un clone de PostScript, avec pour toute aide un malheureux nigaud de vendeur en guise de support technique. Je préférerais encore me faire marquer au fer rouge. J'ai utilisé PostScript sur son terrain de prédilection, le Mac, et c' est déjà assez dur. (Sandy arrive d'habitude à faire marcher notre LaserWriter. Mais nous avons dû installer un disque dur dans l'imprimante! Vous vous rendez compte? Bientôt, je suppose que c'est le clavier qui aura besoin de son disque dur.)
Le manque de standards sur le marché du PC a conduit celui-ci à l'anarchie totale. A la rigueur, si vous vous restreignez à un certain nombre de programmes sans quitter leurs domaines de compatibilité, vous vous en sortez. C'est ce que font les grosses firmes, qui normalisent leurs PC et y mettent le traitement-de- texte-que-tout-le-monde-utilise (qui est en général celui que détestent les secrétaires, selon la loi de Murphy). ldem pour les réseaux, qui ne fonctionnent qu'avec certains logiciels. Cela ressemble beaucoup au bas moyen-âge, où l'on pouvait prêter serment d'allégeance à un seigneur et lui payer l'impôt, ou bien tenter de survivre seul, pour échouer le plus souvent. Le programmeur sur PC doit donc rester fidèle au royaume d'AutoCAD ou au duché de Lotus, et ne jamais errer hors de ces fiefs.

ll faut un sacré cran pour installer un nouveau TSR (équivalent d'un programme du dossier AUTO) sur un PC. ll y en a tant qui entrent en conflit mutuellement! Sidekick de Borland était le pire, bien qu'il y ait peut-être plus dangereux encore à présent - je ne me tiens pas vraiment au courant de ce qui sort sur PC. En fait, la plupart des PC ne servent qu'à faire tourner deux ou trois programmes leur vie durant. C'est bien fait pour eux? Peut-être, mais c'est de l'esclavage.

Les ST échappent à ce sort. Dans le monde du ST, nous avons quelques standards. Pas assez dans certains domaines, et le GEM n'est ni complet ni totalement débogué. Mais on s'y fait. Et grâce au Ciel, il n'y a pas surabondance de standards, comme pour le Mac. De plus, les ST sont incroyablement bon marché, assez faciles à utiliser, et on parvient à leur faire accomplir une tâche sans utiliser le dixième des jurons qu'on lâche sur un PC. Si vous voulez un échantillon de ce qu'est le travail sur PC, écrivez un fichier ASSlGN.SYS et faites-le marcher. Les possesseurs de PC y passent leurs journées.

LE MAC

Ce qui nous amène au marché du Mac. Celui-ci souffre d'un constructivisme outrancier. Un syndrome stalinien sévit dans la documentation de programmation du Macintosh, où "tout ce qui n'est pas obligatoire est interdit". Ses auteurs pensent sincérement qu'ils ont trouvé le Chemin de la Vérité, et qu'il est bon de forcer tout le monde à suivre ce chemin.

En réalité, la gestion de la mémoire est si confuse que les meilleurs programmeurs s'y perdent et se mélangent les pinceaux dans leurs pointeurs qui finissent régulièrement par accéder à l'adresse zéro. Je le sais, je dois réparer les plantages de leur code. La firme Apple, à mon avis, est allé beaucoup trop loin en spécifiant ses standards et s'est montrée totalement incohérente à certains endroits. Par exemple, leur documentation bavasse sur des pointeurs secrets en mémoire en vous interdisant strictement d'utiliser ces informations, et à présent, nous avons des tonnes de logiciels qui plantent sous System 7 en 32 bits parce que leurs auteurs ont fait usage de ces informations... Mais écrire un simple pilote d'impression est un grand secret que seules quelques compagnies ont découvert! (Sans cela, il y a longtemps que le Spectre pourrait imprimer en 300 points par pouce sur la laser du ST.)

On avoue à présent qu'il faut une bonne année pour qu'un programmeur se forme au dêveloppement sur Mac. C'est effarant. C'est beaucoup trop long lorsqu'un programmeur coûte 50 000 dollars par an! [NdT : ce chiffre -300 000 F - correspond au salaire d'un bon programmeur aux USA. En France, le salaire est moins élevé, mais les charges sociales et les coûts indirects multiplient aisément par deux ce coût pour l'employeur.] Une raison de ce temps d'aprentissage élevé? Dans la documentation du Mac, il manque une chose vitale, un exemple de programme qui tourne. Savez-vous qu' ils ne se soucient même pas de fournir des exemples en assembleur de programmes simples? Mark Russel Benioff en avait écrit quelques-uns pour eux, mais le projet a été l annulé.

C'est une conception macho de la programmation. Soit vous avez l'étoffe du Programmeur Mac, et vous apprenez en dépit de tout, soit vous ne l'avez pas. Je ne l'ai pas. Savez-vous que si vous commandez le kit Apple de développement SCSl, ils vous envoient un code source qui est, je cite, un "exemple non fonctionnel" de pilote de périphérique SCSl? Ou encore, sachez que dans le monde du Mac, on ne s'abaisse jamais à utiliser de vulgaires nombres. On utilise des "équivalents", des noms symboliques qui seront remplacés par les nombres correspondants lors de l'assemblage. On ne vous donne jamais les nombres en question. Ce qui rend quasiment impossible l'écriture de programmes d'après la doc, à moins d'acheter des livres qui listent ces données. Et qui rend infernale la lecture d'une image-mémoire [NdT : crash-dump, les données écrites sur le disque lorsqu'un programme plante pour permettre une étude des causes du plantage.] C'est pourquoi j'ai acheté tous les livres sur le Mac. Apple a également la très mauvaise habitude d'afficher des codes d'erreurs en nombres négatifs, comme "erreur -5561". Quoi? Devons-nous sortir nos calculatrices pour en faire le complément à deux, le convertir en entier positif puis en hexadécimal pour pouvoir retrouver cette valeur dans un listing? Je parie que dans les couloirs, chez Apple, se déroulent des concours pour savoir qui peux convertir le plus vite un nombre décimal négatif en nombre hexadécimal positif. Enfin, Messieurs, soyez adultes! C'est pour le plaisir de programmer macho? En tout cas, c'est stupide.

Enfin, je suis au regret de vous dire qu'à cause de cette prolifération de standards, dont certains se contredisent, il devient de plus en plus dur d' écrire des programmes Mac qui marchent sur toutes les machines. Autrefois, j'en maîtrisait la théorie. Plus maintenant, hélas. Avec les ajouts de MultiFinder, des couleurs en 32 bits, de Slot Manager, Time Manager, Power Manager, etc., la quantité de détails à mémoriser pour programmer sur Mac ferait frémir les concepteurs de la bombe atomique. Et tous les programmeurs sur ST qui tentent de passer sur Mac le savent.

Grâce aux standards, les programmes Mac sont mieux capables de communiquer entre eux que les programmes sur PC ou ST. Mais, parce que ces standards n'ont pas toujours été élaborés de manière saine (ils souffrent d'idéalisme aigu), ils ne donnent pas toujours un résultat convaincant, voire ne sont pas toujours utilisés. Les formats d'images, par exemple Greyview et PlCT-2, sont très nombreux sur le Mac, ce qui ne serait pas le cas si les standards avaient été bien faits. Mais la culture d'entreprise d'Apple l'a interdit. Dans leur idéologie, l'idéalisme prime toujours sur le pratique.

Lorqu'on examine l'histoire de cette firme, cette idéologie apparaît nettement. Vous souvenez-vous de l'Apple lll? Du Lisa? Du Mac original sans SCSl? Hmmm... Ces gens sont des fanatiques sincères, et n'ont jamais compris pourquoi ces créatures stupides du monde extérieur ne se précipitaient pas pour acheter leurs machines. Le succès de l'Apple II leur a permis de survivre malgré ces erreurs. Le Mac Plus a subi d'urgence une greffe de port SCSl et de 4 méga-octets de RAM, et quand la LaserWriter et PageMaker sont sortis, la firme a pu survivre malgré elle - et non à dessein. (Et déjà, l'Apple II n'avait dû son succès qu'au tableur VisiCalc.) Allez donc vous promener dans les allées du salon MacWorld ( qui a été accaparé par les costards-cravates), et vous verrez des gens qui ont tous l'air hébété des membres de sectes. Des fanatiques. Effrayant.

Apple est une compagnie qui a réussi la prouesse de se mettre en péril en créant une machine qui a eu un grand succès! Comment? En sortant le Mac Classic à bas prix, qui s'est très bien vendu, et sur lequel la marge bénéficiaire d'Apple était insuffisante pour payer les frais généraux absolument délirants de la firme. Ce qui les a conduit à licencier beaucoup de gens. J'espère que tous appartenaient aux départements du Marketing et de l'Idéologie d'Entreprise. Quant aux revendeurs Mac, ils sont encore plus risibles et moins informés que leurs collègues du monde PC! Je sais, ça paraît impossible, mais c'est vrai. Tenez, avant la sortie du Mac portable, Sandy et moi avions réussi à intimider les employés d'une boutique en y apportant un Stacy et en le lançant en mode émulation Mac. Si jamais vous portez un beau costume, ils essaieront de vous vendre des machines trop chères et pas toujours três fiables (rappelez-vous du fiasco des disques Quantum il y a quelques années), ainsi que des logiciels qui ne font pas ce qui est écrit sur la boîte (comme le scandale des "compatibles 32 bits", où Connectix leur a évité des procès : Apple faisait ce qui était interdit aux autres, à savoir écrire du code 24 bits qui plantait en mode 32 bits...)
Tuyau : si vous voulez un Mac vraiment puissant, achetez le Mac ll d'occasion le moins cher que vous trouvez, et procédez à un échange de carte pour le changer en Mac II FX. Vous aurez une machine rapide et récente pour moins de 3000 dollars. Et n'achetez pas de Quadra : cette machine souffre de sérieux problèmes d'incompatibilité, et franchement, elle est très lente! Quand je lis dans un banc d'essai que le Quadra est à peine 30% plus rapide que le FX, cela me stupéfait. Les tests devraient montrer qu'il est beaucoup plus rapide, vu qu'il contient un 68040! Il y a là quelque chose de très anormal.

PROGRAMMATION ET UTILISATION

C'est pourquoi, lorsque j'entends des développeurs parler de quitter le ST pour aller vers le Mac ou le PC, je les invite à réfléchir.

Il faut un long apprentissage pour programmer sur PC, à cause de l'anarchie totale qui règne dans ce monde et vous oblige à rendre hommage au seigneur de chaque fief afin de rendre votre code compatible. Voyons, ce programme marche-t- il sur une carte vidéo Targa Super-VGA en mode non entrelacé avec un BIOS AMl 2. 1 sur un processeur 486 DX doté d'antémémoire? ll faudrait toute une vie pour tester toutes les combinaisons possibles. Je le sais, je déjeune régulièrement avec un développeur de jeux sur PC (il a écrit "Empire") qui endure cet enfer quotidiennement, et qui m'en parle.

Et sur Mac, il faut donc un an d'apprentissage. Encore faut-il serrer les dents et subir un endoctrinement politique ("Il est bon d'utiliser un relogeur de segment et de ne jamais savoir où votre code se situe, sachant qu'il peut être déplacé sous vos pieds"). Je n'ai jamais pu me faire violence à ce point, c'est pourquoi je reste à la périphérie de la programmation Mac, Dieu merci. En fait' je n'ai jamais écrit que de très courts programmes Mac, et seulement pour des tests : je ne veux pas être pourchassé de village en village par des gens qui me crient "impur! infidèle!".

Alors que sur ST, il ne faut qu'un mois pour découvrir l'environnement de programmation, surtout si vous avez de bons livres (je recommande ceux de Clay Walnum) et un bon assembleur ou compilateur. Vous pouvez facilement trouver des exemples de programmes qui tournent et les comprendre en quelques jours. Atari avait vraiment gaffé lors des débuts du ST, en ne documentant pas bien le GEM et en n'aidant pas les développeurs, mais des tiers ont subvenu à ce besoin, et désormais il est facile de se former au ST. Atari a en fait désespérement besoin d'un évangéliste d' entreprise qui porterait la bonne parole aux développeurs.

Et c'est pourquoi le monde du ST mérite qu'on y reste. On peut y programmer la machine en un temps raisonnable tout en s'amusant. De plus, Atari n'a pas commis les erreurs extrêmes de ses concurrents, à savoir l'anarchie totale ou la réglementation totale.

Si vous me permettez une analogie entre le marché de la micro et celui de l' automobile, voici les raisons pour lesquelles je ne veux pas développer sur PC ou Mac.

PC : Je ne veux pas aller chez un vendeur de voitures qui me propose des clones ayant tous les mêmes caractéristiques, mais utilisant chacun leur propre marque d'essence, à condition de trouver le bon vendeur. Si je change de marque d' essence, je dois changer le carburateur, la culasse et le pot catalytique.

Mac : Je ne veux pas aller chez un vendeur de voitures qui me propose chaque roue à 500 dollars alors qu'elles ne coûtent que 75 dollars ailleurs. De plus, je devrais apprendre à conduire avec une trackball au lieu d'un volant, un embrayage au pied droit, un accélérateur au pied gauche, et un périscope en guise de pare-brise, sous prétexte que c'est la meilleure façon de conduire. Sans oublier de laisser Jamers en gage pour payer la voiture tant elle est chère. Enfin, pas question de servir de cobaye en attendant que le moteur soit débogué et de le changer trois fois avant la version définitive (ce qui s'est produit pour System 7).

Non, ce que je veux, c'est une voiture confortable, qui m'amène où je veux, et que je puisse facilement apprendre à bidouiller si je veux m'amuser. C'est le cas de mon ST. ll est doté de différents langages dans lesquels on peut se faire plaisir en programmant, ce qui est très important. J'apprécie le Basic et l' assembleur du ST, et une lointaine rumeur m'est parvenue, à la suite d'articles précédents, selon laquelle certains pourraient même s'amuser en C - un racontar si invraisemblable que je reste sceptique. Et tout compte fait, le ST est si supérieur au PC et au Mac de ce point de vue, même tant années après sa sortie, que j'en reste content. Si vous avez un ST, vous avez fait le bon choix.

BOULE DE CRISTAL

Si je devais prédire l'évolution de la microinformatique, je dirais que le marché du PC va continuer à se fragmenter en centres d'intérêts spécifiques, jusqu'à ce que nous ayons des magazines "PC-AutoCAD", "PC-Lotus" et autres, dédiés à un petit nombre de logiciels (c'est ce qui est déjà en train de se produire). Les gens du Mac perdent déjà progressivement le contrôle des standards de leur machine : pour vérifier la configuration matérielle de la machine, par exemple, l'adresse $B22 (où se trouvaient jadis les bits d' indication de configuration) a été remplacée par SysEnvirons, lui-même remplacé par Gestalt. Ce qui me rappelle les incohérences du gouvernement... On se souvient que l'Office de la santé et de la sécurité avait imposé des avertisseurs sonores de recul sur les engins de travaux public, pour se faire vertement tancer par l'Agence pour la protection de l'environnement qui leur reprochait d'être une source de pollution sonore! Apple a un urgent besoin de quelques responsables (attention, seulement quelques-uns) pour arrêter certains projets qui ne sont que travail inutile, ou qui n'aboutiront pas avant deux ou trois siècles.

Bien sûr, le ST pourrait être mieux. La plupart des reproches qu 'on lui faisait ont d'ailleurs été pris en compte pour la conception du falcon. Mais surtout, le ST pourrait être bien pis! Faites le tour des boutiques d'informatique et voyez vous-mêmes. Les disputes qui portent sur les quelques défauts mineurs du ST sont si anodines, comparées aux hurlements provoqués par les vices majeurs des deux autres, que c'en est presque touchant. Comme si on rentrait à la maison alors que les enfants se disputent, après une grosse bagarre politique au travail.

En ce qui me concerne, j'ai cherché à améliorer le ST, par la carte accélératrice SST et par la compatibilité Mac, histoire de ne pas prendre ma retraite et rester à la maison à 30 ans. D'autres gens y pourvoient aussi tout en apprenant lentement comment survivre financièrement dans ce domaine. L'équipe de CodeHead, par exemple, fait du très bon travail. De plus, n'oubliez pas que si vous tenez absolument à éprouver les joies ineffables du PC et du Mac, vous pouvez le faire grâce aux émulateurs. Une raison de plus de garder votre Atari.

CONCLUSION

D'accord, il est difficile de garder la foi sans entendre régulièrement la bonne parole, surtout lorsqu'on vous injecte régulièrement une dose de désespoir via une certaine presse. Mais nous, possesseurs de ST, avons une bonne machine. Nous sommes une minorité relativement petite comparé aux marchés des Mac et des PC, mais il y a des aspects positifs à cela : si vous écrivez quelque chose de bon, vous serz reconnu, au lieu d'être le 36ème inventeur de votre trouvaille! La communauté du ST a le confort d'une petite ville, et j'aime ça. Quand je vais au Comdex ou à MacWorld, je me perds dans un océan de costards-cravates qui tentent de m'extorquer 20% de marge de distribution pour três peu de travail.

La gamme Atari offre déjà, d'origine ou grâce à des cartes additionnelles, des machines extrêmement rapides, compétitives avec tout ce qu'offrent le Mac et le PC. Vous pouvez trouver des cartes vidéo qui ont une bonne chance de marcher avec vos applications sans requérir un pilote spécial. ll y a le Falcon, aux possibilités graphiques et sonores bien supérieures (j'en ai un) et dont le systême d'exploitation supporte le multitâche. Et vous pouvez toujours y ajouter un émulateur Mac ou PC si vous le voulez.

Qu'est-ce que vous perdez en n'achetant pas un PC? La chance unique de devoir résoudre un conflit de numéros d'interruptions? La joie de découvrir qu'après avoir configuré ledit PC pour avoir presque la même souplesse qu'un ST, vous avez quasiment épuisé ses capacités d' extensions? La barrière des 640 Ko? La propagande? Franchement, je ne crois pas que cela puisse vous manquer, et à GBS, nous avons des ST, des PC, des Mac, des machines Unix... en autres. Je parle donc en connaissance de cause.

Enfin, en ces temps d'économie morose, le ST est particulièrement abordable. Mais il resterait le meilleur choix même si vous pouviez choisir n'importe quoi.

Traduction et adaptation : Password 90
Titre original : Rationality


Date de création : 16/02/2015 : 09:09
Catégorie : -
Page lue 256 fois